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Belle saison, la fin.
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27 Juillet 2009 - DHENAIN (JJ le perchiste)
Belle saison, la fin.

Le championnat de France jeunes arrive enfin.

Oui, enfin. Je suis comme un enfant un soir de noël ou un jour d’anniversaire.

Je veux déballer mes cadeaux. J’ai été sage (je crois). J’ai bien travaillé…je pense,  donc j’essuie …la goute de sueur qui perle sur mon front.

Je ne sais plus le temps qu’il faisait le vendredi 10 juillet 2009 (cette année quoi !), mais je sais que c’était chaud sur la piste comme dans mon cœur.

Oui, un concours de qualification réserve toujours des surprises.

Solène est la première à entrer dans l’arène. Les choses se présentent bien.

Un bon échauffement, un saut à 3,20 m puis un autre à 3,30 m.

La grande-petite est qualifiée pour la finale.

La tâche est plus difficile pour Antoine. Il faudra aller haut pour accéder à la finale.

Il est vraiment fou cet Antoine. Il commence le concours à 4,65 m.

« Vas-y, c’est ton concours » (c’est moi qui dit ça).

Il passe 4,65 m, mais échouera de peu à 4,80 m.

Pas de finale pour lui. (Snif pour moi)

 

Le lendemain soir, c’est au tour de Sophie de gagner son billet pour la finale en espoir.

Deux sauts, et elle range ses perches.

 

Le dimanche 12 juillet de cette année est le jour « J ». Le jour des finales.

J’ai deux filles qualifiées : Solène à 9h15 et Sophie à 15h10.

C’est le jour « J » pour Solène, c’est le jour « J » pour Sophie.

C’est peut-être le jour « JJ » pour les « SOSO ».

C’est mathématique, non ?

J’ai toujours été bon en mathématique.

Mon record est 20/20 de moyenne en 4ème.

 

C’est l’heure, le concours est lancer après un bon échauffement.

La première barre de Solène est 3,30 m.

Le vent souffle, la pluie s’invite parfois à petites doses.

 

Les trois premières barres sont un régal pour moi.

Je pense alors que mon cœur ne va pas tenir.

3,30 m, 3,50 m, 3,60 m, au premier essai.

Je repense à cette belle série d’Antony.

Elles ne sont plus que trois dans le concours à ce moment.

Marion Fiack, crédité d’une meilleure performance à 3,80 m cette saison, m’a fait forte impression à 3,60 m.

Gwenaelle Detourne est cadette première année. J’ai eu l’occasion de la voir sauter à Dreux lors des équip’athlé.

Je l’avais alors désignée comme l’adversaire principale de Solène pour les France. Le bilan de me donnait pas forcément raison, elle était restée à 3,60 m. Ce qui constitue une très belle performance pour une cadette une.

Solène a soif de revanche. Une revanche sur sa saison.

La tension monte avec la barre que les juges placent à 3,70 m.

Marion échoue, elle n’est plus celle de la barre précédente.

Gwenaelle fait un superbe saut. Elle touche la barre mais celle-ci semble vouloir rester sur les taquets. Le juge lève le drapeau blanc synonyme de réussite.

Solène s’élance, le passage au 14 mètres est bon, l’impulsion est belle.

En fait, elle fait un beau saut mais la barre n’est pas restée à sa place.

Gwenaelle prend la tête du concours.

Marion ne franchira pas son 2ème essai, ni son 3ème.

Solène nous ressort un beau saut au 2ème essai, drapeau blanc.

Elle est au moins deuxième des France.

La barre monte à…3,80 m ?!

C’est fou, Solène n’a pas le choix, elle doit franchir pour gagner.

Gwenaelle échoue.

Je vais voir Solène pour lui dire « au premier ».

« Bien sûr » m’a-t-elle répondu, ou plus simplement « oui ».

Le saut est magnifique. Elle passe sans toucher.

C’est une Solène radieuse qui descend du sautoir. Elle sait qu’elle vient de frapper un grand coup.

On a le sentiment que le soleil est de retour.

Je vais à sa rencontre pour casser l’ambiance. Je lui demande de se calmer et de stocker son bonheur pour le laisser exploser en attaquant la barre suivante.

Ca donne des ailles.

Gwenaelle fait l’impasse pour les deux essais qu’il lui reste.

Ni elle, ni Solène ne franchiront les 3,85 m. Mais Solène est chammmmmpiooooone.

Et moi, je suis mort, comme d’habitude.

 

Je suis super content mais ça ne se voit pas. « Cache ta joie » me lance une amie.

Solène m’informe un peu plus tard qu’elle risque d’être invitée au stage été jeunes proposé au juniors. A l’issu de se stage, un meeting de sélection ouvre les portes d’un match en équipe de France juniors.

Mon problème est que Sophie a besoin des perches pour les France Nationaux.

Peu importe, je vole vers mon pote Michel pour lui demander s’il pourrait apporter des perches pour Sophie à Lamballe. Je sais que Sophie est capable d’assurer une belle compétition en utilisant d’autres perches.

Michel est un ami, il me dit oui de suite.

 

Le concours de Sophie arrive enfin, je ne tiens plus en place.

J’ai pu voir se dégrader les conditions de vent. La météo joue avec nous.

Il fait soleil et chaud, on se découvre.

Il fait frais et il pleut, on se recouvre.

Les conditions sont difficiles.

Le concours se joue à 3,80 m.

Sophie se bat bien. Mais semble rencontrer quelques difficultés.

Elle échoue au premier essai avec une 4.30/66. Perche avec laquelle elle à déjà franchie 4 m.

Je trouve la perche trop souple. Je demande à Sophie de changer.

Aie, elle ne termine pas le deuxième essai. Il y a une petite faute à l’impulsion.

Je sais qu’elle peut franchir avec cette 4.30/68, mais aussi avec la 66.

Je lui dit que si elle le souhaite, elle peut reprendre la petite, mais aussi qu’elle peut garder la 68 à condition de « rentrer dedans ».

J’ai alors une décision importante et capitale à prendre. Je vais à la rencontre de Sophie pour lui dire de reprendre la petite et de renverser plus vite.

Pas facile ensuite de la voir en bout de piste.

Ai-je pris la bonne décision ?

Sophie me répond « oui » par un joli saut de combat comme je les aime.

Elles ne sont plus que quatre à 3,90 m. Marion Lotout qui à fait l’impasse à 80, doit franchir pour rester dans la course.

Alice Ost ne commence toujours pas à 3,90 m.

Marion passe au premier essai, Sophie échoue, l’autre concurrente aussi.

Pour Sophie, ça sent la 4ème place. Elle est battue aux essais.

Je n’imagine pas un instant un zéro de la part d’Alice.

La barre est donc placée à 3,95 m pour l’entrée dans le concours d’Alice Ost qui a franchi 4,20 m la semaine précédente.

Le premier saut n’est pas concluant. La barre est vite replacée par les juges.

Le deuxième essai n’est pas plus performant.

C’est pas possible, il n’y aura donc pas de repos pour mon petit cœur aujourd’hui.

Alice est en bout de piste et tient le sort de Sophie entre ses mains.

Je n’ai pas le droit d’espérer un échec de sa part. Je me contente d’observer.

Elle s’élance, elle pique, elle renverse mais rencontre la barre sur son chemin.

Sophie est 3ème.

C’est beau. Mais elle est déçue par la performance.

Je lui rappelle alors la triste performance des filles qui ont un record au-dessus du sien et les conditions difficiles du concours.

En championnat, la place compte plus que la performance.

Elle retrouvera le sourire plus tard, sur le podium.

 

Je lui demande si elle accepte que Solène emporte les perches au stage été jeunes sachant que mon ami Michel lembicz (entraîneur à Montreuil) pouvait lui en prêter.

Elle dit oui sans aucune hésitation. Elle verra même avec une ou deux de ses amies perchistes pour avoir des perches avec lesquelles elle a déjà sauter.

Sachez qu’une relation de confiance s’installe entre le perchiste et ses perches.

« Objets inanimés, avez-vous donc une  âme qui s’attache à notre âme et nous force d’aimer ?» a écrit Larmartine.

En fait, on apprend à connaître nos perches. On sait comment elles réagissent.

Comme nous avons besoin de ses perches en septembre prochain, l’idée de les acheter de suite ne tarde pas à traverser nos esprits.

Philippe s’occupe du dossier. Je pensais que la société pas de publicité pouvait les apporter sur le site des France Nationaux, mais ils n’ont pas prévu d’y aller.

Nous n’avons pas le temps de nous faire livrer à Elancourt.

Je cherche à joindre le club de Grenoble pour savoir si une personne peut nous prendre ces 3 perches. Mais sans succès.

J’ai échoué.

J’ai échoué, oui, mais Sophie a réussi à trouver quelqu’un (merci Grenoble).

 

Voilà, encore un championnat de France, les Nationaux.

Après Tourlaville en 2007, Dijon en 2008, Sophie s’attaque à Lamballe.

Elle m’avait dit un mois plus tôt qu’elle irait en finale cette année.

Oui, je n’en doute pas. Mais nous avons aussi un autre objectif commun que nous n’osons pas nous avouer.

Sûrement par timidité.

Nous avons à l’esprit le championnat de France Elite. La cerise sur le gâteau.

Ce gâteau qui représente  la saison estivale est une tarte.

Chaque part de tarte est un sentiment, une atmosphère tendue ou souple.

Le chemin n’a pas toujours été facile.

Mais c’est ça qui rend plus belle la performance.

 

La performance de l’athlète, mais aussi celle de l’entraîneur.

Je ne sais combiens de kilomètres j’ai parcouru cette années avec les perches sur ma voiture, et encore moins avec les perches sur mes pauvres épaules.

La route se passe bien.

Arrivé à l’hôtel vers 12h30, les chambres ne sont pas prêtes.

Le problème est que je dois partir. J’ai des choses à faire.

L’accueil de l’hôtel trouve une solution qui me convient.

 

Mes guides de premier choix arrivent, je me laisse conduire vers mon passé et vers des paysages inconnus.

Je suis très ému en arrivant à Etables sur Mer. Je fais en sorte que rien ne paraisse.

Mais je pense que j’étais alors transparent.

 

J’ai passé une après-midi de rêve. Mieux que ce que j’avais osé imaginer.

Le soir, j’avais rendez-vous avec un plateau de fruits de mer.

Superbe soirée aussi.

 

C’est donc un coach heureux et reposé qui arrive au petit déjeuner le samedi.

Je dois emmener Pierrick au stade pour son concours de qualification.

Sophie à rendez-vous plus tard pour gagner son billet pour la finale.

J’arrive au stade en même temps que les Grenoblois.

Ils ont les perches de Sophie que je récupère pour les mettre dans son étui.

 

Pierrick fait un beau concours de qualification.

 

Sophie arrive au stade. Je lui présente ses nouvelles perches et lui apprend à les préparer.

Elle fait ça bien, c’est important.

Elle est très souriante, j’aime.

Sophie est dans le deuxième concours de qualification. Je sais alors qu’une barre passée au premier essai à 3,70 m assurera la qualification pour la finale.

Les perches neuves plaisent à Sophie.

Après avoir franchie 3,70 au premier, Soso s’attaque à 3,80 m.

Je souhaite alors qu’elle conserve une perche moyenne afin d’effectuer des sauts techniques pour préparer le rendez-vous du lendemain.

Elle ne passera pas les 3,80 m. Elle fait, pour moi, des fautes techniques.

Sophie quitte la piste en me criant (oui, elle est en colère) « perche trop souple ».

N’étant absolument pas d’accord, je lui réponds « tu as mal sauté, il ne faut pas confondre » sans savoir si elle avait entendu.

 

Bon, j’ai fait mon job.

Michel me propose de le retrouver à Dinan, pour boire une tisane.

Je refuse, c’est assez loin et je suis un peu fatiguer. En plus, je travaille le lendemain.

Mes guides n’acceptent pas mon refus et me proposent de m’y conduire.

Là, je fais preuve de faiblesse : un sourire et  j’accepte.

Je sais que la soirée sera agréable.

Mais je dois attendre Bruno pour rentrer à l’hôtel.

Le stade se vide et pas de Bruno.

Il est déjà parti avec une autre voiture. Ce n’est pas grave.

 

Je passe à l’hôtel, je mets un slip propre (il faut être présentable, non ?).

Je signal à Bruno, compagnon de chambre, que je risque de rentrer tard.

«Y’a pas de problème » me dit-il.

Franchement, il n’y a jamais de problème avec Bruno. Trop cool.

Ma soirée est plus qu’agréable. C’est la soirée qu’il me fallait après la réaction de Sophie.

C’est dure de se faire jeter comme ça par son athlète, j’ai déjà vécu cette situation alors que j’étais l’athlète.

Je pense alors que Sophie a du caractère et qu’elle le mettra au service de la performance. Mais c’est dur quand même.

 

Guillaume me rejoint au petit déjeuner, Bruno ne tarde pas à arriver.

Sophie arrive. Je n’ai pas ma bise matinale.

Sophie semble toujours en colère. Elle est peut-être déjà en bout de piste.

 

Je pars pour le stade avec Pierrick, Bruno et Guillaume.

La finale du saut à la perche homme est à 10h55.

Pierrick débute bien son concours à 4,95 m en passant au premier essai.

Je reste sage sur le bord de la piste. Je ne suis qu’un observateur privilégié.

Pierrick s’entraîne à l’INSEP et son coach est présent.

On va peut-être assister à un drame. C’est le troisième essai pour Pierrick à 5,05 m.

Le troisième mais heureusement pas le dernier.

Même cirque pour 5,15 m.

Ouf, notre vedette remet les pendules à l’heure avec un magnifique premier saut à 5,25 m.

Je respire un peu mieux.

Il ne fera pas mieux et terminera 2ème de ces championnats. Son regard se tourne donc naturellement vers Angers (France Elite).

Bravo le bûcheron.

 

J’aperçois Sophie déposer ses perches au sautoir.

On ne s’est toujours pas parlé. J’ai un peu la pression. Je sais que Sophie peu accrocher le podium.

 

Trois filles ont sauté plus haut qu’elle cette saison :

-         Amélie Delzenne  4,16 m

-         Camille Simon,   4,10 m,

-         Camille Renaudet    4,05 m,

 

Deux filles ont passé les 4,00 m comme Sophie :

-         Marie Frachebois,

-         Marion Lotout.

 

Elles sont donc 6 à 4,00 m et plus.

Tout est possible, tout est réalisable, c’est le jeu de la…perche.

Sophie débute son échauffement. Il n’y a pas un regard pour moi.

Ce n’est pas grave, elle sait ce qu’il faut faire.

Elle ne déclenche pas son premier saut de réglage. Elle regarde vers moi. Le dialogue s’installe.

L’échauffement n’est pas mal. J’ai vu mieux mais nous savons que ce n’est pas à l’échauffement qu’il faut être le plus fort.

Le premier objectif est de figurer dans les 8 pour se qualifier aux Elites.

Le triste calcul commence.

Sophie commence à 3,60 m. Elle n’a jamais débuté aussi haut.

L’an passé, elle avait un record à 3,70 m.

Elle passe au premier. C’est un super saut, c’est une super SOSO.

Je lui demande de prendre la perche supérieure (plus dure).

Mon ami Michel (de Montreuil) me dit qu’elle devrait rapprocher ses poteaux. Mais je ne suis pas d’accord. Les poteaux restent donc à 80.

Si vous ne comprenez pas, venez passer un peu de temps au sautoir.

3,70 m au premier.

Même scénario pour 3,80 m.

Sophie est bien, je suis bien aussi. En fait, nous sommes bien tous les deux, comme connecté par Wifi.

Un regard, un geste et on se comprend. C’est tellement facile, trop facile.

C’est comme dans un rêve.

Le rêve continue, 3,90 m au premier essai.

Elles seront 5 a franchir 3,90 m.

A ce stade de la compétition, Sophie partage la tête du concours avec Marion et Amélie.

C’est une égalité parfaite.

Anaïs suit Sophie à 3,95 m. Les autres font l’impasse.

Anaïs échoue

Je crie à Sophie, oui, un homme parle fort dans un micro. Je lui crie de partir en bout de piste avec deux perches, la 66 et la 68.

En fonction du vent qui est capricieux, elle devra prendre la bonne perche.

Donc elle sautera avec la 68 si le vent veut bien souffler dans le dos.

Alors qu’elle se dirige vers la piste, je lui dis de prendre la 66.

Sophie poursuit sa route vers le podium en passant au premier (s’il vous plaît).

Anaïs garde ses deux essais pour 4,00 m.

Rien n’est joué, elles sont encore 5 dans le concours. Je savais que se serait un concours relevé. Le réveil peut être brutal.

 

Mon rêve marque une pose.

Sophie échoue ses deux premiers sauts, comme ses concurrentes.

Anaïs quitte le concours, Sophie sera au moins 4ème.

Amélie passe au troisième, Marie en fait autant.

Marion échoue. Si Sophie passe, elle sera en tête avec Amélie.

 

Je demande à Sophie de faire l’impasse pour son 3ème essai  et de changer de perche.

Michel pense comme moi, ça me réconforte.

Il a été présent tout le concours, ça m’a aidé.

J’ai le sentiment que Sophie a besoin d’un peu plus de récupération.

Je sais qu’elle peut franchir. C’est un coup de poker.

La barre est placée à 4,05 m.

Sophie est la seule à tenter, les autres font donc l’impasse.

Je passe par tous les sentiments.

Je refuse presque de regarder.

C’est très dur ce que je lui demande, elle n’a qu’un seul saut pour franchir.

 

De la tribune on peut entendre les encouragements du public qui frappe fort dans ses mains.

J’entends Pierrick crier « aller Sophie », puis plus rien. Le grand silence. J’ai coupé le son.

Je peux entendre battre le cœur de Sophie, mon cœur suit son rythme.

Son souffle est le mien.

Elle passe, c’est magnifique. Les applaudissements n’en finissent pas.

Moi aussi j’applaudis, chose que je ne fais jamais.

La foudre vient de tomber sur ce concours.

C’est plus beau qu’un rêve, c’est la réalité.

 

La barre placée ensuite à 4,10 m ne sera franchie par personne.

Sophie David de l’EASQY est championne de France.

Moi, je ne suis pas mort. J’ai la pêche.

 

Mais j’ai un petit pincement au cœur quand arrive le moment de quitter mes guides.

Je me sentais bien en Bretagne…avec…ça ne vous regarde pas. J’ai aussi une vie sociale.

 

 

C’est la première fois que j’ai une athlète qualifiée aux France Elite.

L’heure du départ est fixée avec Pierrick.

Par reflexe, j’installe mon autoradio.

Mais nous avons parlé et parlé et parlé... (3 heures plus tard) et parlé et parlé.

« Vous êtes arrivez » me signale cette voix féminine qui accompagne nombre de mes déplacements.

C’était sympa.

 

Le jour de la finale de Sophie arrive.

Vendredi 24 juillet 2009.

La première barre est à 17h10, mais surtout à 3,80 m.

Dix centimètres plus haut que le record de Sophie un an plus tôt.

 

Les filles semblent tendues. Sophie a du mal à faire son premier saut d’échauffement.

J’ai la pression.

Sophie déclenche un premier saut après je crois 4 tentatives.

L’heure du concours arrive. Les perchistes vont face à la tribune pour être présentée.

Maintenant que j’y pense, c’est plutôt con car leur public se trouve sur l’herbe, dans le virage face à la perche.

Bref, pas bien grave tout ça.

Sophie est présentée comme la 3ème des championnats d’Europe espoirs.

Michel, oui encore lui, ne tarde pas à me féliciter. Le con.

La barre à 3,80 m ne fait pas peur à Sophie. Elle court comme un avion (c’est une expression, tout le monde sait qu’un avion ne court pas).

Elle fait un saut qui traverse le tapis. C’était impressionnant.

Tellement fort que j’ai pensé qu’elle avait la 4.30/63 dans les mains et non la 4.30/66.

Je lui demande de changer de perche. Elle me répond : « la 68 ? ».

« Oui ».

Je suis encore plus impressionné car elle avait bien la 66.

Je l’ai laissé récupérer un peu avant de lui dire « c’est normal que tu sois obligée de prendre la 68, t’es super forte, tu as traversé le tapis avec l’autre ».

Elle est rassurée.

Le deuxième essai arrive. Mais il avait une averse dans ses bagages (oui, il pleut).

Le juge a levé le drapeau blanc pour déclencher le chronomètre.

Il pleut et Sophie n’a qu’une minute pour sauter.

Elle essuie sa perche avec la serviette que je lui ai passée (je ne pense pas à tout, mais à beaucoup de choses).

Elle lance ma serviette à Amélie qui la récupère gentiment pour éviter qu’elle ne soit trempée.

Elle lève sa perche, commence à courir.

Beaucoup alors pensent que Sophie ne passera pas la barre.

Mais « Sophie Air Line » est au  taquet.

Une course superbe et rapide.

Une impulsion de rêve (encore).

Elle passe la barre comme un jour de beau temps.

La foule applaudit et la pluie cesse de tomber comme si elle était dégoutée (ou égouttée).

 

Beaucoup disent ou pense que Sophie à du cran, chacun y va de son vocabulaire.

C’est un saut qui restera dans ma mémoire.

S’il te plaît Alzheimer, laisse le moi.

 

La barre passe à 4,00 m. Une hauteur que Sophie connaît bien maintenant.

Il lui faudra un 2ème essai également pour franchir, sans l’aide de la pluie cette fois.

Mais quel saut !!

Malheureusement, Sophie ne parvient pas à maitriser les 4,15 m qui lui sont proposés.

Le cadreur placé derrière le tapis (caméraman) s’en est aperçu au troisième essai quand une perche est venue le toucher à deux doigts d’une partie vitale.

Sophie, dans l’impossibilité de déclencher son saut, a effectivement laissé partir sa perche sur le tapis  à l’approche sautoir.

Cette perche qui a fini sa course là où vous savez maintenant.

Nous apprendrons plus tard que les jours du cadreur ne sont pas en danger, mais pour sa descendance… ?

Sophie termine 9ème de ces championnats avec la même performance que la 5ème.

Bravo.

 

Nous rentrons vers l’hôtel après avoir mangé.

J’accuse une certaine fatigue. C’était ma dernière compétition en tant qu’entraîneur de Sophie.

Elle sera à l’INSEP l’an prochain.

Mais attention, ce n’est pas Géralde Beaudoin qui le lui a demandé.

Sophie et moi en avons parlé dès le moi d’octobre, car sa vie de femme l’amène à loger dans les environs de l’INSEP.

Ses 4,05 mètres ne font que faciliter les choses, pour elle.

 

Pierrick et moi regagnons notre chambre.

Nous arrivons à l’heure de la météo.

Il fera beau demain.

Nous apprenons aussi que se sera la saint Jacques.

« Jean est le frère de Jacques » dit la télé.

C’est fou, je viens d’apprendre que je suis moi et mon propre frère.

 

Nous regardons ensuite une série télé où il est question de mathématique.

Pendant ce temps, je surf sur le net, les cheveux dans le vent.

Je communique avec l’au-delà,  je communique avec mes pensées.

Mais il se fait tard trop vite, je dois me coucher pour ne pas déranger Pierrick qui a sa finale le jour même à 16h10 (ça veut dire qu’il est plus de minuit).

 

Nous arrivons au stade vers 14 h.

Il fait beau aujourd’hui.

Les conditions sont excellentes pour la finale de la perche masculine.

 

Pierrick attaque à 5,00 m en passant au premier. C’était juste, mais ça passe.

Son premier saut à 5,20 m n’est pas concluant.

Mais, le deuxième essai, il n’y a pas d’autre mot que « énorme » pour le qualifier.

Il met une valise, un boulevard et tous les immeubles qui l’entourent.

C’est magnifique. C’est le Pierrick qu’on attend depuis longtemps.

Il refait des sauts énormes à 5,40 m, mais fait preuve de maladresse.

Il restera avec ses regrets.

C’était beau quand même.

Je reste persuadé que Pierrick peut aller très haut.

 

A suivre.

 

Rassurez-vous, amis lecteurs et j’espère amies lectrices, le « à suivre » concerne Pierrick.

Le « à suivre » ne veut pas dire qu’il y aura un autre article.

La saison est finie. Tout est dit ou écrit.

A bientôt si vous le voulez bien.

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